Pique-Sous
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[Fondements] Pique-Sous, qu'est-ce que c'est?

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Oesophage

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L'Roy
    «L'homme à l’âme vertueuse ne commande pas, ni n’obéit: le pouvoir, comme une ruineuse pestilence, pollue tout ce qu’il touche; et l’obéissance, le fléau de tout génie, vertu, liberté, et vérité, fait des hommes des esclaves et de [la noblesse] un sacerdoce d'immoralité.»


    La liberté n’est plus qu’un vain fantôme quand un petit groupe d'individus peut affamer une large majorité impunément, quand l'homme prétendument noble exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. Nous sommes tous assujettis à un maître dont on ne peut jamais être assuré de la bonté, et qui a toujours le pouvoir d’être méchant quand il le voudra: le noble, voilà notre extrême malheur. Il est pourtant très certain que les amis de la liberté ne souffriront pas toujours qu’on les fasse égorger au dehors et qu’au-dedans on les assiège par la famine. Il est très certain que toujours ils ne seront pas les dupes de cette peste nobiliaire, ces charlatans qui nous rongent comme des vers, ces nobles dont les Cours ne sont plus qu’un repaire d'adipeux. Car comment se peut-il que tant d’hommes, tant d'esprits éclairés, dans tant de provinces, dans tant de Royaumes, supportent une noblesse seule qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir d'elle que de la contredire? Il est vraiment étonnant -et pourtant si savamment ancré dans les moeurs qu’il faut plutôt en gémir que s’en ébahir-, de voir cet amas de gueux misérablement asservi, la tête sous le joug, non qu’ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu’ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par la noblesse qu’ils ne devraient pas redouter ni aimer. Quel vice! Quel vice horrible que de voir un nombre infini d’hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n’ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie même qui soient à eux. De les voir souffrir les rapines, les cruautés, non d’une armée, non de barbares contre lesquels chacun devrait défendre son sang et sa vie, mais de quelques individus, un concile d'hommelets, souvent les plus lâches, qui n’ont jamais flairé le fer de nos entrailles ni guère foulé la boue de nos chaumières, qui ne sont pas seulement inaptes à commander aux hommes, mais encore à satisfaire la moindre justice. Ils sont vraiment extraordinaires, les récits de la vaillance que la liberté met au cœur de ceux qui la défendent. Ce sont les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu’ils en seraient quittes en cessant de servir. C’est le peuple qui s’asservit et qui se coupe la gorge; qui, pouvant choisir d’être soumis ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche. La force d'une politique ne réside pas en elle-même, mais dans le peuple. Pour avoir la liberté il suffit de lever le fer, il n’est pourtant besoin que d’un simple élan.
    Pauvres gens misérables, peuples insensés, esprits opiniâtres à leur mal et aveugles à leur bien. Ils vivent de telle sorte que rien n’est plus à eux. Il semble qu'ils regardent désormais comme un grand bonheur qu’on leur laissât seulement la moitié de leurs biens, de leurs familles, de leurs vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne leur viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même qu'ils font ce qu’il est, pour la grandeur duquel ils ne refusent pas de s'offrir. Le noble n’a que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des gueux du nombre infini de nos villes. Un grand tyran peut très bien être un idiot, et non un surhomme. Sa force ne réside pas en lui mais dans la superstition qu'ont les gens de croire qu'il est normal de lui obéir. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens qu'ils lui fournissent pour les détruire. S'il a tant de mains pour les frapper, c'est qu'il les leur emprunte. Ce peuple n'est, en somme, que le receleur du noble qui le pille, le complice du meurtrier qui le tue et le traître de lui-même. Il s'use à la peine afin que le noble puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Il s'affaiblit afin que le couronné soit plus fort, et qu’il lui tienne plus rudement une bride toujours plus courte. Car la Monarchie est l'organisation d'un pouvoir fondé sur l'arbitraire et la violence dans la vie des peuples. Elle repose sur le centralisme oppressif, découlant de la violence directe d'une minorité sur la majorité. Il est clair que pour combattre la violence organisée par cette Royauté, il faut employer tous les moyens possibles, correspondant à l'importance de la tâche, fussent-ils abjects. Car il ne peut y avoir de respect là où se trouvent la cruauté, la déloyauté, et l'injustice.

    Ces quelques mots donnent une idée de ce que représente Pique-Sous dans la pratique et quels idéaux nous motivent:

    La monarchie n'est pas basée sur des individus libres, ni sur des espoirs, ni sur des idées: c'est une société vide et morte. Afin que l’individualité puisse se développer de la meilleure manière possible, nous considérons comme essentiel de créer une société basée sur trois principes : la liberté, la solidarité et l’égalité, qui sont interdépendantes. Nous accordons une grande importance à la liberté, la désirant à la fois pour nous-mêmes et pour les autres. Nous considerons l’individualité -ce qui fait à d’une personne un être unique- comme étant l’aspect le plus important d'une société; puisqu'à l’extérieur de la société, l’individualité est impossible, puisqu’on a besoin des autres pour se développer, grandir, et subvenir à ses besoins. La liberté est essentielle pour la pleine maturation de l’intelligence, de la créativité, et de la dignité. Être dominé par les autres c'est se voir nié la chance de penser et agir par soi-même, qui est la seule manière de se développer et de développer son individualité. La domination étouffe également l’innovation et la responsabilité personnelle, menant à la domination d'un tyran et à la médiocrité. Ainsi le Royaume des Canards maximisera le developpement de l’individualité, et sera donc nécessairement basée sur l’association volontaire, et non sur la coercition ni l’autorité. Pique-Sous prône l’autonomie de l’individu dans la liberté d’association. Et si la liberté est essentielle pour le plein développement de l’individualité, alors il est essentiel pour la liberté que l’égalité soit réelle. Il ne peut y avoir aucune vraie liberté dans une société avec des inégalités brutes de puissance, de richesses, de privilèges, et hiérarchisée. En effet, dans une monarchie seuls quelques uns sont relativement libres, alors que le reste n'est qu'esclaves. La noblesse vit ainsi dans une société rendue par elle-même laide et stérile par la tyrannie et l’aliénation éxercée sur la majorité: le peuple. Enfin, la solidarité signifie l’aide mutuelle: travailler volontairement et coopérativement avec d’autres qui partagent les mêmes buts et intérêts. Mais sans liberté et égalité, la société devient une pyramide de fonctions concurrentes, basée sur la domination des sphères inférieures par les strates les plus hautes.

    Pique-Sous repose donc sur le rejet de la Monarchie et de l'égotisme étroit dans lequel la politique nobiliaire se complaît si facilement. Il n'est rien au monde de plus insupportable que la Monarchie. Il n'y a pas de condition plus misérable que celle de vivre ainsi, n’ayant rien à soi et tenant d’un autre son aise, sa liberté, son corps et sa vie. Pique-Sous se basera sur la puissance des idées et la capacité des Canards d’agir et de transformer leurs vies, en se basant sur ce qu’ils considèrent comme juste. En d’autres termes, la liberté. Entre notre développement collectif et moral il y aura un effet de réciprocité: les Canards se développeront pour former une société particulière, quand dans le même temps ils aideront à former et changer des aspects de la société actuelle par leurs actions et paroles. Développé par les bons conseils et les bons exemples, ce germe de la liberté s’épanouira en vertu. Ce que la noblesse nous refuse aujourd'hui, nous pourrons le prendre sans scrupules demain, en notre âme et conscience, car, dans le domaine de la délinquence, les grands de ce monde nous donnent l'exemple. Quand nous volerons un écu dans les coffres d'un noble, ils en auront volé 1000 dans les poches du peuple. C'est à vous, gueux, que se recommandent ces mots, gouttes d’encre cristallisées dans l’atmosphère empourprée de la misère; excitation à la haine et au mépris, à la ruine et à la mort de la monarchie; attaque à gorge déployée à la politique, aux institutions et à l'hypocrisie. Puissent-ils aider à amonceler en vos consciences les notions du devoir; faire tressaillir en vos humeurs et en vos cœurs la vibration d'une gueuse colère; hâter l’heure où vos masses énergiques, soulevant la logique et le glaive des Piques, se précipiteront comme une avalanche sur ces Royaumes exubérants de privilège et d’exploitation. Comme un germe fécond, comme un rayon vivifiant, puissent-ils, au printemps régénérateur qui suivra cet hiver de destruction, ajouter à la sève des idées de progrès, et servir à l’éclosion de la liberté. Puisse le gueux marcher à la conquête de cet idéal et reléguer, de jour en jour et d’heure en heure, la monarchie dans les monstruosités du passé, dans les antiquité antédiluviennes.

    Notre lutte contre la Monarchie doit se mener jusqu'à la liquidation complète de la noblesse. Nous connaissons leurs noms, décomptons leurs vices. Ils amassent sur eux mille outrages, mille insultes, mille jurons. Toutes les prières, toutes les malédictions sont contre eux. Tous les malheurs, toutes les pestes, toutes les famines leur sont comptées. Même après mille morts, nos survivants n'auront de cesse que le nom de ces mange-peuples ne soit noirci de l'encre de mille plumes, et leur réputation déchirée dans mille Histoires.
    Et, oui, cette liquidation finale et totale de la noblesse ne pourra avoir lieu que lorsque l'orientation des peuples sera la plus libertaire possible, lorsqu'ils élaboreront des structures politiques apparentées au mouvement Pique-Sous, qui prendront la forme d'organes d'autodirection politique locaux. C'est de cela que dépend principalement l'évolution positive et le développement de nos idées palmipèdes parmi ceux qui accompliront pour notre compte à tous l'édification d'une société libre. Nous aurons ardeur et pugnacité au combat. Nous sentirons bouillir dans notre cœur l’ardeur de la liberté qui fait mépriser le péril et donne l'envie de gagner, par une belle mort auprès de nos compagnons, l’honneur et la gloire. Nous lierons donc, vous l'aurez compris, les forces du banditisme avec ces unités révolutionnaires et politiques dans lesquelles les opprimés s'organiseront afin d'instaurer une auto-organisation totale en dehors de toutes les structures étatiques connues.

    Je suis intimement persuadé que, si Pique-Sous s'organise en masse importante de brigands et en de nombreux détachements politiques locaux, l'organisation pourra vaincre les tenants et les défenseurs de la Royauté, et par là même créer les conditions nécessaires pour mettre au point le processus d'édification d'une nouvelle vie. Pique-Sous doit être le produit d'une lutte collective au sein des Royaumes, et non pas le produit de bouleversements externes. Une nouvelle forme de société n'apparaîtra pas dans l'immédiat. C'est un processus, et non pas un événement. Les tenants et les aboutissants du fonctionnement du Royaume des Canards sont néanmoins susceptibles d'évoluer avec le temps à la lumière des expériences et des circonstances objectives, et non pas dans une forme parfaite immédiatement.



    Nous faisons le serment, aujourd'hui et pour toujours, de défendre jusqu'au tombeau la liberté. A la corruption qui règne dans le pays répondra une délinquance accrue. Le peuple discernera dans une permanence du crime organisé une revanche contre l'oppression fiscale, contre la gabegie, et contre les scandales engendrés par la Monarchie. A compter de ces mots Pique-Sous sera bien, sous nos esprits, le promoteur d'une révolte populaire à l'encontre d'un régime impopulairement patricien, le marteau divin qui frappera de sa justice les sangsues du peuple. Nous ferons la justice des intrigants et des Justices, de quelque masque qu’ils se couvrent et quelque Royaume qu’ils habitent.. Amen.

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Oesophage

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L'Roy
    Faire effraction avec des coutres, enfoncer les portes avec de grosses pièces de bois, lier, garrotter, assommer, couper la gorge, chauffer les pieds, voler, incendier, empoisonner, violer: autant d'nos lubies, autant des vôtres, autant de ce qu'il nous coutera tous.

    École du crime, discipline, projets, vols, assassinats, ici tout sera médité, suivi, exécuté avec le raffinement de l’expérience la plus consommée. Pique-Sous c'est une véritable association; et l’enfer, la scélératesse, le brigandage, vont la prédisposer à devenir le fruit renaissant des vieux démons des Royaumes.
    Nous sommes l'héritage de la Pieuvre Noire, du Dragon Rouge, et des Robins des Bois.
    Nous sommes l'héritage de l'honnête déprédation, de la vindicative terreur, et par dessus-tout du sincère respect.

    L’oisiveté, le dérèglement, les passions de toute espèce, ne font qu’aggraver les besoins des bandes actuelles. Du libertinage au crime, il n’est qu’un pas: ils le font et s’y précipitent trop rapidement. Jaloux de la propriété d’autrui, ils la convoitent avec audace; et de brigands ils ne tardent pas à devenir traitres et bourgeois. Leur moralité suit partout les scélérats.
    Celle de quelques individus d'une bande met tout un chacun à portée d’apprécier la force de l’exemple et des vices transmis par filiation dans les familles de voleurs.
    Il est venu le temps de revoir des Grands, il est venu le temps de voir le brigandage retrouver ses racines.


    Tendez l'bras, saisissez-vous du legs, gredins!
    Piquez, piquez fort!

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Merlot

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L'Archipoète
Piques sans roi que nous sommes, nous avons changées les règles.

Il n'y a plus que les Piques qui se gouvernent comme ils l'entendent. Chaque Pique ici est un chef, un roi à sa manière et tous on parole égale devant les autres. Ils ont bourlingué leurs pattes palmées partout à travers ce royaume ou d'autre, laissé des empreintes dans maints lieux et cracherait sur quiconque voudrait les priver de ce qu'ils y ont gagné.

Des routiers, des écorcharts ou des coquillards, des vendangeurs, des bandouliers et leurs muscardines, paillardes au rire gras comme leur cul, des taille-lards à la face plus rapiécée que de vielles braies, des bougresses de basse fosse qui pavanent leur viande à tout vents, le fer sous le jupon, prêtent à châtrer le premier qui aurait la bourse alourdie, des vétérans de trois guerre, la gueule de biais, et des yeux qui ont vu trop de sang pour encore s'en émouvoir, des harpailleurs, des coqueberts et des croque-lardons... Tout ce que la truandaille à trouver de meilleur à offrir à l'humanité.

Qu'importe, eux se savent être artistes. Ils sont les Piques, tous rois en leur demeure qu'est celle ci.


En dessous, il y a ceux qui s'engagent, mais qui ont encore à apprendre. Les Canetons sont les postulants, ou ceux qui supportent encore un peu qu'on leur dise quoi faire. C'est le passage obligé des nouveaux dont les Piques ne savent rien. Voler pour vivre, voler pour montrer patte blanche, voilà le crédo. Rien de plus que ce qu’ils ne peuvent transporter. Une route, il ne leur en faut pas plus pour être heureux...


Et en bas de la chaine il y a les Viandes. C'est ceux qui viennent d'arriver, qu'on ne sait pas si ils ne sont pas simplement trompés de chemin. Des voleurs de poules ou des égorgeurs de chats, qui sont peut être assez dénués de raison pour prétendre à être ici.



Les marginaux, les pesteux, les pendards et les traine-savates de tout bord trouveront à la Gentilhommière un accueil, quel qu'il soit.


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